Trivela

Le foot portugais

Wolverhampton, un bout de Portugal en Premier League

Avec quatre internationaux, Wolverhampton est, avec Benfica, le club le plus représenté de la dernière liste du sélectionneur portugais Fernando Santos. Ces quatre sélections viennent récompenser la superbe forme des Wolves. Retour sur la folle saison de ce club anglais à l'accent portugais.

Avec quatre internationaux, Wolverhampton est, avec Benfica, le club le plus représenté de la dernière liste du sélectionneur portugais Fernando Santos. Ces quatre sélections viennent récompenser la superbe forme des Wolves.
Retour sur la folle saison de ce club anglais à l’accent portugais.

Les « Wolves », équipe surprise de la saison (Crédit : www.premierleague.com)

Wolverhampton, la bonne surprise de la saison

Chaque saison, en Angleterre, il existe une règle, non-écrite, stipulant que les six clubs les puissants de Premier League vont truster les premières places. Quelque soit leur classement en fin de saison, les deux Manchester (City et United), Arsenal, Tottenham, Chelsea et Liverpool sont presque toujours assurés de finir à une de ces six premières places.

Les autres clubs se contentent souvent du reste, et essayent tant bien que mal de tirer leur épingle du jeu en fonction de la forme des uns, et de la méforme des autres. Pourtant, depuis le début de cette saison, une équipe essaye de briser cette règle et se place dans le haut du panier.

Wolverhampon Wanderers, club situé dans le centre-ouest de l’Angleterre, près de Birmingham, constitue la bonne surprise de la saison. Avec à la clé une très belle 7ème place, l’équipe du défenseur français Willy Boly se situe même devant des clubs plus huppés tels que West Ham, Everton ou Leicester. Pour un club promu dans la cour des grands à l’intersaison, la dynamique est tout à fait surprenante, et le jeu pratiqué fort plaisant. La saison dernière, en Championship, les « Wolves » avaient dominé leur sujet avec un total de 99 points et une montée aisément obtenue pour l’étage supérieure.

La colonie Made in Portugal

Ce qui rend cette équipe davantage intéressante est le fait qu’elle possède en son sein une forte colonie de joueurs Portugais. Citons pêle-mêle, l’international et ancien gardien du Sporting Portugal, Rui Patrício, qui réalise une excellente saison avec un intriguant numéro 11 sur le dos, expliqué par le fait qu’il avait refusé le numéro 1 lors de sa signature, pour rendre hommage à son prédécesseur Carl Ikeme, qui a du arrêter sa carrière pour soigner un cancer.

Ensuite, Ruben Neves est probablement la plus grosse pépite de cette équipe. Titulaire avec le Portugal lors de la Ligue des Nations, le jeune milieu de terrain réalise une très bonne saison qui suscite l’intérêt des tous meilleurs clubs d’Europe. Citons également l’ancien ailier de Porto Diogo Jota, auteur cette saison de 6 buts et 4 passes décisives cette saison en championnat. L’ancien joueur de l’Atletico a d’ailleurs été récompensé de sa superbe saison en obtenant une première sélection totalement méritée.

Un autre portugais a connu ses premiers matchs dans l’élite cette saison. A 19 ans, Ruben Vinagre compte déjà 13 apparitions en Premier League. Le jeune latéral gauche a été récemment appelé en équipe nationale U20.

Les deux milieux offensifs formés par le Benfica et par ailleurs anciens Monégasques, Helder Costa et Ivan Cavaleiro sont également des membres importants dans l’effectif de Wolverhampton.

Cet été, l’ex métronome de l’AS Monaco João Moutinho a lui aussi rejoint le club anglais. Le natif de Portimao vie une deuxième jeunesse en Premier League, et il est un des grands acteurs de la très bonne saison des Wolves.

L’ensemble de l’équipe est chapeauté par un autre lusitanien, l’ancien technicien du F.C. Porto Nuno Espírito Santo. Bref, Wolverhampton est une équipe qui n’est pas sans rappeler l’A.S. Monaco d’il y a quelques saisons, où étaient également présents de nombreux joueurs portugais. Tout sauf un hasard.

Jorge Mendes et son laboratoire

Un club de football peut être amené à acheter des joueurs de la même nationalité afin de faciliter leur intégration ainsi que celle de leurs familles dans le pays d’accueil. Le fait d’avoir des coéquipiers parlant la même langue et ayant la même culture facilite l’intégration de chacun et permet d’obtenir un esprit de corps et d’équipe plus rapidement. C’est surtout le cas en Angleterre où comme chacun le sait, le climat n’est pas le plus clément ni chaleureux d’Europe. Et pour des joueurs habitués à la chaleur du Sud, cela se ressent davantage.

Mais Wolverhampton a une autre particularité et une autre raison de regrouper autour des papas que sont Moutinho ou Patrício, autant de joueurs à consonance portugaise. Cette raison se nomme Jorge Mendes, l’un des agents de joueurs les plus puissants du monde.

Avec des clients tels que Cristiano Ronaldo, Bernardo Silva, Rúben Dias ou encore José Mourinho, un carnet d’adresses et des accointances à faire pâlir de jalousie quiconque qui a un lien avec le football moderne, le Portugais est la pièce essentielle du puzzle des « Wolves ».

A travers le lien très fort avec le grand manitou des transferts et sa société Gestifute, Wolverhampton profite d’un vrai savoir-faire puisque tous les Portugais de l’équipe sont représentés par Gestifute. Avec de joueurs prometteurs, Neves en tête de liste, et une capacité à transférer de jeunes pépites, les former à la rigueur et la dureté du championnat anglais puis, ensuite les revendre, la situation est plus qu’idéale pour les « Loups ».

Pour Mendes, l’objectif est de disposer d’un laboratoire d’essai fort conséquent, tout en intégrant le marché anglais et ses juteux droits T.V. à son business. Ce processus est aussi bénéfique pour l’agent que pour le club, qui voit arriver chaque année de nouveaux jeunes joueurs talentueux, capables d’améliorer les résultats sportifs du club avant d’être revendu à prix d’or quelques années plus tard. Les joueurs de Mendes sont aussi gagnants : ils bénéficient de temps de jeu et d’exposition dans un club de l’élite du football européen, sans pour autant avoir une immense pression sur les épaules. Wolverhampton est le club parfait pour se relancer, ou pour découvrir le haut niveau.

Bref, un deal gagnant-gagnant, mais qui ne doit pas faire oublier pour autant l’excellent travail de Nuno Espirito Santo qui a réalisé des performances exceptionnelles durant la saison. A l’instar du match contre Liverpool, en F.A. Cup en janvier dernier et ce bijou de but de Neves pour obtenir la qualification.

Une saison à finir en beauté et une autre à préparer

Wolverhampton est donc actuellement un des clubs à suivre, et il sera intéressant de voir si les coéquipiers de Rui Patricio pourront se qualifier pour une Coupe d’Europe d’ici la fin du championnat. Dans tous les cas, la saison est déjà plus que réussie pour les Loups. Avec Jimenez, Neves, Jota ou encore Helder Costa, le football offensif prôné par les jaunes et noirs est plus que satisfaisant et rafraîchit le jeu d’une équipe qui aurait pu être stéréotypée.

Il semblerait que Wolverhampton et son propriétaire, le conglomérat chinois Fosun International, soient bien partie pour devenir le poil-à-gratter du championnat et jouer son va-tout jusqu’au bout de la saison.

Il faudra cependant confirmer, l’an prochain, ce classement plus que prometteur. La tâche s’annonce difficile, mais si Jorge Mendes ne perd pas la main et réussi à placer d’autres de ses protégés dans le club, il est possible que les Wolves deviennent rapidement une équipe importante du championnat anglais. Ainsi, le club pourra profiter, dans le frimas anglais, des bénéfices du Portugal, pays de soleil mais surtout d’un vrai savoir-faire footballistique, à tous les niveaux.

Volkan Ozkanal