Entretien – Roudolphe Douala : « Les derbies contre Benfica, c’était toujours des belles rencontres »

Passé au Portugal entre 1998 et 2006, l’international camerounais Roudolphe Douala est revenu, en exclusivité pour Trivela, sur ses meilleurs souvenirs en terres portugaises.

Du Boavista au Sporting en passant par Leiria, Roudolphe Douala fait partie de ces joueurs qui ont pu explorer le football portugais en profondeur. Formé à l’AS Saint-Etienne, l’international camerounais aux 17 sélections totalise pas moins de 177 matchs dans l’élite du football portugais entre son arrivée à Boavista en 1998 et son départ pour Portsmouth en 2006. Connu principalement pour son passage de trois saisons au Sporting, l’ailier droit a notamment fait partie de l’épopée du club lisboète jusqu’en finale de l’UEFA, perdue face au CSKA Moscou en 2005. Pour Trivela, Roudolphe Douala est revenu sur sa carrière au Portugal.

Bonjour Roudolphe et merci de nous accorder de votre temps. Vous arrivez à Boavista à l’âge de 20 ans en provenance du centre de formation de l’AS Saint-Etienne, comment cela se passe ? 

Quand je jouais encore avec les jeunes de l’AS Saint-Etienne, j’ai fait un tournoi en Suisse et j’avais été le meilleur joueur de la compétition. Des recruteurs de Boavista étaient là dans les gradins et m’ont remarqué, et l’entraîneur de l’époque, Jaime Pacheco, a aimé mon profil. Après quelques échanges avec les dirigeants du club, ils ont décidé de me recruter.

Comment s’est déroulée votre intégration au sein du club ?

Mon intégration a été plutôt rapide. J’étais jeune, mais j’avais énormément d’envie et ça m’a aidé à débuter tambour battant. Après, la présence de joueurs francophones dans l’effectif comme William Quevedo et Kwame Ayew m’ont aussi beaucoup aidé.

Avec du recul, sur vos cinq expériences au Portugal, au Boavista, au Desportivo das Aves, au Gil Vicente, à l’Uniao Leiria et au Sporting, laquelle vous a le plus marqué sur le plan humain ?

Je dirais que c’est au Desportivo das Aves. Malgré que je n’y ais disputé qu’une seule saison, durant laquelle nous étions descendus dans la division inférieure, nous avions une équipe et des dirigeants magnifique. C’est là-bas que j’ai pris de la maturité.

En 2004, après une saison très convaincante à Leiria avec 10 buts et 2 passes décisives à vos compteurs, vous partez pour le Sporting. Avez-vous eu d’autres propositions durant le mercato ?

Oui, j’ai été approché en janvier 2004 par Luis Fernandez, qui était à cette époque l’entraîneur de l’Espanyol de Barcelone. Le coach me voulait vraiment dans son équipes. Des émissaires espagnoles sont même restés deux semaines à Leiria mais le président n’avait pas voulu me laisser partir parce qu’il voulait m’envoyer au Bétis à la fin de la saison.

Au Sporting, vous vivez l’un des moments forts de votre carrière, avec la finale en coupe de l’UEFA, perdue à domicile contre le CSKA Moscou (3-1). Qu’est-ce qu’il vous a manqué durant cette finale ?

Cette semaine-là, on a tout perdu. Quelques jours avant ce match, on perd le championnat à la dernière minute contre le Benfica. Le jour de la finale contre le CSKA, la plupart des joueurs qui avaient été des acteurs majeurs de cette belle épopée étaient sur le banc, il y avait une mauvaise ambiance dans le groupe.

Durant vos deux années au Sporting, vous avez également disputé des chocs face à Porto et au Benfica. Qu’est ce que cela vous évoque aujourd’hui ?

J’ai connu de vrais gros classiques, en effet. Surtout des derbies, contre Benfica c’était toujours de très belles rencontres. L’ambiance autour du stade donnait tellement envie de jouer. Puis dans un derby, c’est là que tu vois l’ampleur que tu peux prendre dans ton club. La première année j’étais blessé, et avant un derby contre Benfica, le médecin du club m’a expliqué que j’allais quand même devoir jouer parce que le club avait besoin de moi pour ce match si important.

Parmi les joueurs que vous avez côtoyé ou affronté, lesquels vous ont le plus impressionné ?

Au Sporting, il y avait Liedson. Il était petit, et il ne bossait pas beaucoup à l’entraînement, mais en match il était impressionnant. Je me souviens qu’il avait un jeu de tête magnifique. Après, j’ai aussi joué contre beaucoup de bons joueurs, je pense à Lucho Gonzalez et à Carlos Alberto de Porto. J’appréciais également le style de jeu de Simão et de Ricardo Quaresma.

Vous avez stoppé votre carrière en 2015, après quelques saisons passées dans les divisions régionales françaises. Quels sont vos projets actuels ?

Aujourd’hui, je suis éducateur. Je n’ai plus la vie que j’avais avant. Le football me manque et j’aimerais revenir un jour dans ce domaine, je pense que c’est le domaine que Dieu a choisi pour moi.

Suivez-vous encore le championnat portugais ?

Je ne suis pas trop le championnat, mais j’essaie de me renseigner le plus possible sur mes anciens coéquipiers qui sont devenus entraîneur. J’aime bien les voir évoluer dans leur nouvelle carrière. J’essaie aussi de garder un œil sur le Sporting et bien-sûr, le titre de champion national de la saison passée m’a fait plaisir. Ils le cherchaient depuis 20 ans, c’était déjà le cas lorsque j’étais joueur. Cette année, je pense que Porto, Benfica et le Sporting sont plus ou moins au même niveau et que ça sera très serré jusqu’à la fin.

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Trivela

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