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Le foot portugais

CF Os Belenenses : Quand la passion n’a pas de division

Chaque semaine, plus de 3 000 “socios” se rendent aux matchs de Belenenses pour soutenir leur équipe qui évolue actuellement en cinquième niveau national. Voici la folle histoire de Belenenses, raconté par l’un de ses plus fidèles supporters.

1946 fût une année particulière pour le football portugais. Cette année-là, le club d’Os Belenenses, situé dans un quartier de Lisbonne, parvenait à inscrire son nom dans l’histoire en remportant la première division portugaise qui était, déjà à l’époque, dominée par le Sporting, Benfica et Porto. Depuis, seul Boavista a réussi à réitérer l’exploit du Belenenses des Manuel Andrade et Artur Quaresma en éjectant les “trois gros” du sommet de l’élite portugaise. Plus de 70 ans après cet exploit, Belenenses est actuellement leader … de l’AF Lisboa 2ª Divisão, soit l’équivalent de la cinquième division portugaise. Comment peut-on en arriver là ?

Une scission historique en 2018

En fait, ce club historique du football portugais est divisé en deux parties distinctes depuis l’été 2018. D’un côté, on trouve l’équipe de football professionnelle qui joue actuellement en Liga NOS et qui est la propriété de la SAD (Sociedade Anónima Desportiva) dont l’investisseur Codecity détient 51% des actions depuis 2012. De l’autre, on a le club qui appartient à ses supporters (socios), et qui a conservé tout son patrimoine historique, à savoir le nom, le logo et le stade. Et c’est ce club qui a dû repartir du plus bas à l’été 2018, et qui joue actuellement au niveau amateur dans la mythique enceinte de l’Estadio do Restelo.

Et les supporters dans tout ça ?

Comment les supporters du club ont-ils vécu cette situation assez incroyable ? Diogo, fan inconditionnel d’Os Belenenses et propriétaire du compte twitter “@opastel1” qui partage quotidiennement la vie du club devenu amateur, nous a donné son ressenti. “Pour ma part, je n’ai jamais eu aucun doute sur lequel des deux “Belenenses” j’allais continuer à supporter après la scission. Ces dernières années, la SAD a souvent manqué de respect aux supporters et comme beaucoup, je ne m’identifiais plus à ces personnes. La scission était difficile pour nous, mais c’était peut-être nécessaire pour récupérer notre identité et notre orgueil”, nous a confié le supporter d’Os Pastéis, qui n’a jamais accepté l’idée que son club de toujours soit cédé à un investisseur en 2012. Diogo est loin d’être un cas isolé. A chaque rencontre, entre 2 000 et 5 000 supporters continuent de se rendre à l’Estadio Restelo pour soutenir Belenenses malgré son statut de club amateur. “L’an passé, certains supporters étaient partagés, et allaient voir les matchs des deux Belenenses. Cependant, ils ont vite réalisé que le Restelo était leur vraie maison. Très peu de supporters de Belenenses ont choisi de suivre la SAD en Liga NOS. A mes yeux, cette équipe ne représente absolument rien, c’est une équipe comme une autre”, a rajouté le fidèle supporter.

Et sportivement, ça donne quoi ?

Vous l’aurez compris, le soutien des supporters de Belenenses est rarissime pour un club qui évolue à ce niveau. Et évidemment, cette ferveur se ressent dans les performances de l’équipe première qui caracole en tête de son championnat avec 15 victoires en 16 rencontres cette saison. “Les joueurs ressentent la valeur du maillot qu’ils portent, et le fait d’avoir ces fans qui les soutiennent, c’est forcément une motivation pour eux. D’ailleurs, c’est surtout lors des matchs à l’extérieur qu’ils ressentent ce soutien“, nous a précisé Diogo. Une ferveur populaire donc, mais cela peut-il amener le club à voir plus grand à l’avenir ? A priori, oui. A la mi-saison, Belenenses compte déjà une quinzaine de points d’avance sur les premières places non-qualificatives pour l’échelon supérieur, et est toujours en lice pour remporter la Taça de Lisboa, dont le sacre donne un accès privilégié à la prestigieuse Taça de Portugal, que le mythique club de Lisbonne a déjà remporté à trois reprises au cours de son incroyable histoire.

Crédit photo : Os Belenenses

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