SL Benfica : Jorge Jesus et l’art de fuir ses responsabilités

En conférence de presse, à la veille du choc face à Arsenal, Jorge Jesus a déclaré qu’il n’était, selon lui, pas responsable de la crise sportive qui touche actuellement son équipe.

« Je n’ai rien à voir avec la crise sportive qu’on vit actuellement. » Tels ont été les mots de l’entraîneur de Benfica Jorge Jesus, ce mercredi, à quelques heures d’affronter Arsenal en 16e de finale de la Ligue Europa. Quatrième de Liga NOS avec un retard déjà colossal de 15 points sur le leader et rival, le Sporting, l’entraîneur des Aigles a affirmé que selon lui, il n’était, en aucun cas, responsable des difficultés rencontrées par son groupe, particulièrement touché par la Covid-19 ces dernières semaines.

En effet, s’il a été éloigné de son banc durant plusieurs jours à cause du virus, Jorge Jesus a également vu pas moins de 12 de ses joueurs se rendre indisponibles pour les différents matchs de Benfica cette saison. Une période délicate qui, selon l’entraîneur, justifie la dégringolade du club lisboète au classement. « Je serai toujours responsable des bons et des mauvais résultats de mon équipe, mais seulement quand j’aurais quelque chose à voir avec ceux-là, a insisté l’entraîneur portugais. Je n’ai rien à voir avec cette crise, parce que je n’ai pas entraîné mes joueurs. Ils ont été infectés par un virus pendant deux mois. En janvier, on était deuxièmes, à deux points du Sporting, puis on a eu 12 joueurs infectés par la Covid-19, dont plusieurs titulaires. »

Et dans les faits, qu’est ce que ça donne ?

Si, en effet, Jorge Jesus a bel et bien été perturbé par une infection au Covid-19 le mois dernier, il n’a, en réalité, dû céder sa place sur le banc à son adjoint João de Deus qu’à 3 reprises cette saison (2 en Liga NOS, 1 en Coupe du Portugal) sur les 36 matchs disputés. Alors oui, c’est contraignant, d’autant plus que parmi ces trois rencontres figurait la terrible défaite de son groupe dans le derby contre le Sporting (1-0). Mais est-ce suffisant pour se dédouaner à ce point de toutes responsabilités ? Certainement pas.

Dans son argumentaire, Jorge Jesus évoque aussi et surtout les nombreuses indisponibilités de ses joueurs, infectés durant, selon ses propos, une durée de « deux mois ». S’il est tout à fait entendable, bien qu’invérifiable, que la coupure imposée par une infection de Covid-19 peut perturber un joueur sur une durée relativement plus longue que celle qui l’éloigne réellement des terrains, les cadres de Benfica n’ont, dans les faits, pas manqués tant de rencontres de championnat que cela.

Si l’élimination en Allianz Cup, face à Braga le 20 janvier dernier, peut en partie s’expliquer par la vague de contamination qu’a connu l’équipe première de Benfica, plusieurs joueurs comme Alex Grimaldo, Jan Vertonghen, Gilberto, Diogo Gonçalves, Luca Walschmidt ou encore Nicolas Otamendi, n’ont manqué qu’une seule rencontre de championnat durant leur période d’isolement (le 25/01 contre le CD Nacional).

Un mois plus tôt, le milieu de terrain de Benfica Pizzi, également touché par le virus, avait dû manquer la victoire des siens contre Portimonense (2-1), tout comme l’international suisse Haris Seferovic. Au mois de novembre, Julian Weigl et Darwin Nunez n’avaient, quant à eux, pas pu aider leur équipe qui s’était tout de même imposé contre Maritimo en Liga NOS (1-2).

Le navire cherche son commandant

Alors oui, il est vrai, Rafa Silva, Andreas Samaris et Chiquinho font partie du cercle très fermé des joueurs de Benfica qui n’ont, pour le moment, jamais contracté la Covid-19. Le club lisboète est d’ailleurs celui qui a été le plus touché par le virus depuis le début de la saison en Liga NOS. Cependant, sur les 20 matchs disputés en championnat (11 victoires, 6 nuls, 3 défaites), Jorge Jesus n’a finalement pas été privé de banc et de ses joueurs cadres autant de fois qu’il l’a prétendu ce mercredi.

Et s’il a usé de malchance depuis le début de saison, en voyant son groupe largement perturbé par des successions d’événements contraires, jouer la carte de la victimisation paraît particulièrement mal venu dans un contexte où le navire semble, plus que jamais, avoir besoin d’un commandant qui prend les choses en main et assume ses responsabilités, aussi amoindries soient-elles.

Crédit photo : IconSport

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