Au Benfica, l’effet Mourinho se fait attendre

José Mourinho Benfica Newcastle

Avec neuf matchs nuls cette saison et une troisième place à huit points du leader Porto, le Benfica traverse une crise sans précédent. Entre défaillances tactiques, recrutement hasardeux et gestion chaotique, le géant lisboète perd pied face à ses rivaux historiques.

À Lisbonne, l’aigle ne vole plus aussi haut. Malgré l’arrivée fracassante de José Mourinho en septembre dernier, censée redresser la barre après le limogeage de Bruno Lage, le Benfica s’enfonce dans une spirale préoccupante. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : neuf matchs nuls en championnat, dont huit sous l’ère Mourinho, et une troisième place au classement qui semble condamner définitivement les ambitions de titre des Aigles.

Lundi dernier, le match nul frustrant 1-1 contre Casa Pia, équipe menacée de relégation, a cristallisé toutes les tensions. Malgré 78% de possession et 18 tentatives, le Benfica n’a cadré que trois tirs. « Nous n’avons pas seulement perdu deux points, mais nos dernières chances de nous battre pour le titre », a déclaré Mourinho, visiblement à bout.

Un recrutement qui pose question

L’été dernier, le Benfica a investi 27 millions d’euros pour Richard Ríos tout en cédant Álvaro Carreras au Real Madrid pour 50 millions. Un mercato insuffisant face aux stratégies cohérentes de Porto et du Sporting. Alors que le Sporting, double champion en titre, affiche un projet stable et que Porto brille avec 73 points après 28 journées, le Benfica accumule les performances décevantes. L’effectif pléthorique de 65 joueurs témoigne d’une politique de recrutement brouillonne, privilégiant la quantité à la cohérence tactique.

La formation, pourtant historiquement le joyau du club avec la révélation de Bernardo Silva, Rúben Dias ou João Félix, ne suffit plus à compenser les errances de la direction.

Mourinho désabusé par le manque de caractère

Les déclarations post-match du « Special One » ont jeté un froid. Remettant en cause l’état d’esprit de certains joueurs, Mourinho n’a pas mâché ses mots : « Ce qui existe, ce sont certains profils qui, indépendamment de leur compte en banque et de leurs titres, ont faim, et d’autres personnes qui semblent prendre cette vie à la légère. » Plus cinglant encore, il a lâché que certains joueurs « ne vivent pas pour le football », une charge rarissime dans sa carrière.

Le paradoxe est saisissant : Benfica reste la seule équipe invaincue du championnat portugais cette saison, mais n’occupe que la troisième place. Avec 58% de possession moyenne, les Aigles dominent techniquement mais manquent cruellement de réalisme.

La comparaison avec Porto (73 points) et le Sporting (68 points) est impitoyable. Le Benfica stagne à 65 unités, à huit points du leader. Entre un recrutement inadapté, une gestion sportive désordonnée et un groupe qui manque de mentalité de champion, le club lisboète traverse une crise profonde qui pourrait devenir structurelle.