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Le foot portugais

Entretien – Paolo Lebas da Silva : “Lorsqu’on défend la même nation, l’intégration se fait facilement”

Arrivé à l’AC Ajaccio à l’âge de 11 ans, Paolo Lebas da Silva a eu l’occasion de côtoyer les équipes nationales du Portugal à plusieurs reprises. Confessions et anecdotes.

Il est jeune, talentueux, et rayonne chaque week-end avec les équipes de jeunes de l’AC Ajaccio. A seulement 17 ans, Paolo Lebas da Silva fait déjà beaucoup parler de lui. Et pour cause, né d’un père français et d’une mère portugaise, ce charismatique milieu de terrain qui se décrit comme un “leader naturel” a déjà frappé aux portes des sélections françaises et portugaises à plusieurs reprises. Confessions d’un jeune talent en devenir, en exclusivité pour Trivela.

Bonjour Paolo. Pourrais-tu revenir sur ton parcours dans le football ? Comment es-tu arrivé à l’AC Ajaccio ?

J’ai commencé le football à l’âge de 8 ans à Neuville-en-Ferrain, un petit club dans le nord de la France. J’ai joué deux saisons là-bas, puis mes parents on décidé d’aller vivre au soleil, et pour cela, il n’y a rien de mieux qu’Ajaccio. J’ai fais les tests à l’AC Ajaccio et j’ai intégré le club en septembre 2013, avec la catégorie U11. Depuis je gravis les échelons petit à petit, toujours avec l’ACA.

“C’est toujours un plus d’avoir son frère pas loin de soi.”

On te décrit aujourd’hui comme un milieu de terrain assez physique, avec de bonnes qualités techniques et beaucoup de leadership, qu’en penses-tu ?

C’est vrai que je suis plutôt à l’aise avec le ballon. Je suis capable de répéter les efforts pendant 90 minutes et oui, c’est vrai, je pense être un leader naturel.

As-tu toujours évolué à ce poste de milieu de terrain ?

Pas vraiment. Plus jeune, quand on jouait sur les terrains à 8, je jouais sur le côté droit ou en attaque. Mais depuis qu’on est passés sur les terrains à 11, j’ai été repositionné au milieu de terrain.

La nouvelle saison vient de débuter pour toi et pour ton club, l’AC Ajaccio, dont l’équipe principale évolue actuellement en Ligue 2. Avec quelle équipe, et dans quelle catégorie vas-tu jouer cette saison ?

J’ai repris la saison avec les U19, et j’ai eu la chance de m’entraîner à trois reprises avec le groupe professionnel. Mon objectif c’est d’être performant à chaque fois, quelque soit la catégorie, mais c’est sûr qu’après avoir côtoyé les pros, j’ai envie d’y retourner un maximum de fois.

Ton petit frère, Victor, joue également à l’AC Ajaccio, au poste de latéral gauche. Qu’est ce que ça fait de partager sa passion et ses objectifs avec son frère ?

C’est toujours un plus d’avoir son frère pas loin de soi. C’est la seule personne qui me connaît par cœur, et vice versa. Il voit les erreurs que je fais et qu’il ne doit pas reproduire, tandis que moi, je vois les siennes. Mais bon, j’ai le dessus sur lui, hein (rires).

“Sentir de la fierté dans les yeux de sa famille.”

Tout comme ton frère, tu as la particularité d’avoir été appelé pour défendre les couleurs de l’Equipe de France, et de la Seleção portugaise. Peux-tu nous en dire plus ?

J’ai été sélectionné avec le Portugal pour la première fois en mai 2018, puis une seconde fois le mois suivant. A l’époque, j’étais en U15. Après, en décembre 2018, j’ai reçu deux convocations : une de l’Equipe de France U16, et une autre du Portugal U16. Ensuite, l’Equipe de France ne m’a plus convoqué, mais la Seleção continuait de m’appeler à chaque fois, jusqu’en avril 2019 où une blessure a freiné ma progression. Depuis, je n’ai pas été sélectionné mais je continue de bosser. La sélection reste dans un coin de ma tête.

Et comment on se sent quand on reçoit sa première convocation ?

C’est un sentiment unique, vraiment. Il faut le vivre pour le comprendre. Ce qui est incroyable, c’est surtout de sentir de la fierté dans les yeux de sa famille.

Et la famille a accueilli la nouvelle de la même manière, que ça soit pour le maillot bleu de la France ou le maillot rouge du Portugal, où il y a eu plus d’émotions dans un cas que dans l’autre ?

Mon père est Français, ma mère est Portugaise. Forcément, du côté de mon père c’est l’Equipe de France, et du côté de ma mère, c’est la Seleção.

Comment se sont passés tes premiers entraînements avec les U15 du Portugal ?

J’ai une anecdote assez marrante sur ma première sélection (rires). En arrivant pour la première fois à la Cidade do Futebol, qui est le lieu de rassemblement des sélections portugaises, je me suis un peu perdu, je ne trouvais pas mon chemin. En cherchant les vestiaires, j’ai vu une porte sur ma droite, et j’ai donc décidé de l’ouvrir et c’est là que je me suis retrouvé nez à nez avec Fernando Santos. J’étais tellement surpris que j’ai failli tomber (rires). Je lui ai ensuite demandé où se trouvait le vestiaire des U15, et il m’a indiqué le chemin.

“Joelson détruisait tous les GPS qu’on avait sur nous à l’entraînement.”

Et comment se passe l’intégration dans le groupe du Portugal lorsqu’on a l’image d’un joueur qui est né, et qui a grandi en France ?

Lorsque qu’on défend tous la même nation, les mêmes couleurs, les mêmes idées, l’intégration se fait vraiment facilement. Même si on ne vient pas tous du même endroit, ça rassemble.

En Seleção, tu as eu l’occasion de fréquenter un certain nombre de jeunes joueurs talentueux, notamment Joelson Fernandes, qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers mois avec le Sporting. Qu’est-ce que tu en as pensé ?

Joelson ? C’est de loin le joueur qui m’a le plus impressionné depuis que je joue au football. Avec sa vitesse, il détruisait tous les GPS qu’on avait sur nous à l’entraînement (rires). J’ai essayé de défendre sur lui à l’entraînement, c’est difficile, il ne faut pas se jeter, et prier (rires). Dans la vie de tous les jours il est humble, c’est un bon vivant. D’ailleurs, c’est souvent lui qui gère la musique et l’ambiance dans le vestiaire.

D’autres joueurs t’ont marqué en Seleção ?

Oui, d’autres joueurs étaient aussi très bons. Je pense notamment à l’attaquant João Resende, de Benfica, qui marque quasiment à chaque tir. Guilherme Montóia, qui joue également à Benfica, prend très bien son couloir gauche.

As-tu senti des différences entre les attentes des formateurs portugais et des formateurs français ?

Je pense qu’en France, il y a un énorme vivier avec énormément de talents, mais aussi beaucoup de joueurs très puissants et physiques, tandis qu’au Portugal, les formateurs recherchent surtout des joueurs très fins techniquement, avec une grande intelligence tactique afin d’entrer dans un projet de jeu commun.

Toute l’équipe Trivela tient à remercier chaleureusement Paolo Lebas da Silva pour son temps, sa pertinence et sa bonne humeur durant notre échange.

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