Seleção : Pourquoi doit-on être rassurés après ce rassemblement ?

Avec deux victoires en autant de rencontres dans cette nouvelle édition de la Ligue des Nations, la Seleção a rassuré ses supporters durant ces derniers jours.

S’il fallait dresser un bilan de la Seleção sur ses deux derniers matchs, celui-ci serait forcément très positif. Largement vainqueurs à domicile face à la Croatie samedi dernier (4-1), les hommes de Fernando Santos ont remis ça avec un deuxième succès de rang ce mardi, contre une vaillante équipe suédoise (0-2). Mais au-delà des scores favorables, le Portugal a montré des signaux très positifs dans le jeu et dans l’état d’esprit, à un peu moins d’un an de l’Euro.

Un onze se distingue

Appelons-ça un 4-3-3. Si le football moderne implique la mobilité des différents éléments offensifs, ce qui ne favorise pas la vulgarisation d’un système tactique et d’une philosophie de jeu par le regroupement de trois chiffres, c’est bien avec 4 défenseurs, 3 milieux de terrain et 3 offensifs que s’est présenté le Portugal ces derniers jours. Et force est de constater que cette recette semble être la bonne pour Fernando Santos. Ou du moins, la meilleure de celles qui ont été testées jusque-là.

En défense, la relation entre l’expérimenté Pepe et le jeune Ruben Dias semble fonctionner à merveille. Mais au-delà de leur complémentarité et de leur entente sur le rectangle vert, les deux défenseurs centraux possèdent les aptitudes défensives et les qualités de relance idéales pour explorer les différentes phases de la rencontre et ainsi, se montrer solides lors des temps faibles, et protagonistes lors des temps forts. Une arme redoutable, et parfaitement cohérente avec la philosophie de Santos, qui implique le fait de s’adapter continuellement aux différents contextes. Le triangle formé par les deux défenseurs centraux et Danilo, qui a parfaitement tenu ce rôle de déménageur devant la défense, sont en grande partie responsable de la solidité défensive dont a fait preuve le Portugal ces derniers jours, et représente l’une des grandes satisfactions de ce rassemblement. C’est tout naturellement que Fernando Santos devrait s’appuyer sur cette association d’ici l’Euro.

Sur les ailes, João Cancelo et Raphael Guerreiro ont également marqué des points. Si le premier profite de l’absence de Ricardo Pereira pour s’affirmer comme le numéro un à son poste, le second a également rassuré, et s’est montré bien plus en jambes que lors de ses dernières prestations sur la scène internationale. Sauf blessures, cela risque d’être très compliqué de déloger João Cancelo et Raphael Guerreiro de leurs couloirs, qu’ils ont particulièrement bien occupés sur ces deux rencontres.

Un peu plus haut sur le terrain, João Moutinho a profité des absences de Renato Sanches (blessé) et de William Carvalho (non-convoqué) pour enchaîner deux titularisations de rang. Dans son registre habituel, le joueur de Wolverhampton a agi comme un réel métronome au milieu de terrain, capable de temporiser le jeu lorsque cela s’y prête. Et c’est notamment cette capacité à mettre le pied sur le ballon et à calmer le jeu, qui fait de João Moutinho un joueur particulièrement complémentaire avec Bruno Fernandes. A l’image de ce qu’il propose en club, l’ancien du Sporting s’est montré bien plus libre et influent dans le jeu que lors de ses précédentes sélections. Entre prises de risques permanentes et recherche constante de verticalité, Bruno Fernandes est celui qui créé lorsque João Moutinho est celui qui temporise. Pour l’heure, il semble impossible de déterminer qui de João Moutinho, Renato Sanches ou William Carvalho évoluera aux côtés de Bruno Fernandes et de Danilo à l’Euro, mais force est de constater que le trio Danilo Fernandes Moutinho qu’on a vu sur ces deux dernières rencontres a présenté de vraies garanties à Fernando Santos, qui saura forcément s’en rappeler à l’avenir.

Devant, un léger doute subsistait dans l’esprit de Fernando Santos concernant le troisième maillon du duo formé par Bernardo Silva et Cristiano Ronaldo. Et bien ce doute ne devrait plus exister bien longtemps. Auteur de son tout premier but en Seleção samedi dernier, João Félix a également marqué des points lors de ce rassemblement. Toujours très propre techniquement sans jamais délaisser les efforts défensifs, l’attaquant de l’Atletico a trouvé un nombre incalculable de relais avec ses coéquipiers, et semble se fondre dans la masse comme s’il fréquentait la Seleção depuis de longues années. Ses principaux concurrents, Gonçalo Guedes et Diogo Jota ont, quant à eux, montré un différentiel tactico-technique légèrement plus important avec leurs coéquipiers, et ont, semble-t-il, respecté leur statut de « bon joker » sans jamais le dépasser.

Un style de jeu retrouvé ?

Dans le style de jeu aussi, il y a du mieux. Outre les quelques longs ballons dont a peut-être abusé Anthony Lopes sur ces deux rencontres, la Seleção a constamment cherché à relancer proprement, au sol, depuis l’arrière. Entre exploitation des couloirs et recherche constante de supériorité numérique, les joueurs de la Seleção ont particulièrement bien développé les combinaisons dans les petits espaces et les situations de jeu en triangle, ce qui n’est pas sans rappeler le jeu qui faisait la particularité du football portugais il y a quelques années. C’est aussi ça, d’avoir un secteur offensif composé d’esthètes.

A ce niveau-là, il sera intéressant de suivre le comportement des joueurs lors du prochain rassemblement, notamment face aux champions du monde français où ils feront office d’outsider, et où le tempo risque d’être plus compliqué à maîtriser.

Une équipe indépendante ?

Indépendante. Alors oui, l’apport d’un joueur comme Cristiano Ronaldo n’est jamais négligeable, même à 35 ans. Et comme si on avait encore besoin de preuve pour appuyer ce propos, le quintuple Ballon d’Or a, encore une fois, été l’acteur principal de la victoire portugaise ce mardi, en inscrivant un doublé exceptionnel contre la Suède. Mais trois jours plus tôt, face au finaliste de la dernière Coupe du Monde, les joueurs de la Seleção ont prouvé qu’ils étaient tout à fait capables de se montrer convaincants en l’absence de leur capitaine historique. Ce mardi, c’est sans Bernardo Silva, qui s’est malheureusement blessé dans la première demi-heure de jeu, que les hommes de Fernando Santos ont dû développer leur jeu. Aidés, certes, par l’exclusion de Svensson en fin de première mi-temps, les Portugais n’ont cependant pas éprouvé un manque de créativité lié à la sortie prématurée du meneur de jeu de Manchester City.

C’est aussi là l’un des principaux enseignements de ce rassemblement. Ce dernier nous a, en effet, démontré que la Seleção était avant tout un groupe uni formé par des individualités, et que chacune d’entre elles avait son petit plus à apporter à un ensemble bien plus important.

Crédit photo : IconSport

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