Ruben Amorim viré de Manchester United : quel bilan pour l’entraîneur portugais ?

Ruben Amorim Manchester United portugais

L’aventure de Ruben Amorim à Manchester United s’est officiellement terminée ce lundi. Après 14 mois à la tête des Red Devils, le technicien portugais quitte Old Trafford dans un climat tendu, bien loin de l’enthousiasme qui avait accompagné son arrivée en novembre 2024 en provenance du Sporting CP. Recruté pour incarner un nouveau cycle, Amorim n’aura finalement jamais réussi à fédérer durablement autour de son projet.

Un bilan moins bon que celui de ten Hag

Sur le plan strictement statistique, le bilan de Ruben Amorim est inférieur à celui de son prédécesseur Erik ten Hag, pourtant vivement critiqué avant son départ.

Le technicien néerlandais avait dirigé 128 rencontres, pour 70 victoires, 23 nuls et 35 défaites, soit un taux de réussite de 54,7 %. À l’inverse, Ruben Amorim quitte Manchester United après 63 matches, avec 24 victoires, 18 matches nuls et 21 défaites, ce qui représente un pourcentage de victoires de 38 % seulement.

Un écart significatif, qui reflète les difficultés rencontrées par le Portugais à imposer sa patte en Premier League.

Un United séduisant offensivement, fragile derrière

Dans le détail, les statistiques dressent le portrait d’une équipe déséquilibrée. Sous les ordres de Ruben Amorim, Manchester United a inscrit 103 buts, soit une moyenne de 1,63 but par match, un chiffre plutôt honorable.

En revanche, les Red Devils ont encaissé 95 buts sur la même période (1,51 par match), un manque de solidité défensive qui a coûté de nombreux points et nourri les critiques sur l’organisation tactique du coach, notamment son attachement au système à trois défenseurs centraux.

Une saison noire malgré un investissement colossal

Lors de sa première saison complète, Ruben Amorim n’a pas pu empêcher la pire campagne de Premier League de l’histoire récente du club, conclue à une 15e place. Manchester United a certes atteint la finale de la Ligue Europa, mais la défaite face à Tottenham a laissé un goût amer.

À l’été suivant, le club a pourtant investi plus de 250 millions d’euros sur le marché des transferts. Malgré cet effort financier massif, la dynamique n’a jamais réellement décollé. Cette saison, United occupait la sixième place au moment du licenciement du coach portugais, avec une élimination embarrassante en FA Cup face à Grimsby Town.

Un vestiaire fracturé et une guerre en interne

Contrairement aux apparences, le licenciement de Ruben Amorim ne serait pas directement lié aux résultats sportifs, mais plutôt à une fracture profonde en interne.

Après le nul contre Leeds United (1-1), l’entraîneur portugais avait publiquement dénoncé son rôle, affirmant avoir été recruté comme manager et non comme simple entraîneur. Des propos interprétés comme une attaque directe envers la direction sportive.

La relation entre Amorim et Jason Wilcox, directeur du football, était déjà détériorée depuis l’été. Le désaccord sur le recrutement de Benjamin Šeško, préféré par le club à Ollie Watkins, cible prioritaire du Portugais, a cristallisé les tensions. À cela s’ajoutaient les pressions répétées pour abandonner le système à trois défenseurs, pilier du projet d’Amorim.

Une greffe qui n’a jamais vraiment pris

Recruté pour transposer à Manchester le modèle qui avait fait son succès au Sporting CP, Ruben Amorim se heurte rapidement à la réalité d’un club instable, tiraillé entre ambitions sportives, luttes de pouvoir et héritage historique pesant.

Son passage à Old Trafford restera celui d’un entraîneur fidèle à ses principes, parfois jusqu’à l’entêtement, mais aussi celui d’un projet avorté, dans un club encore en quête d’identité depuis l’ère Sir Alex Ferguson.

À 41 ans, Ruben Amorim quitte Manchester United avec une image écornée, mais pas brisée. Son avenir, que ce soit en Angleterre ou ailleurs en Europe, dira si cette expérience anglaise fut un accident de parcours… ou un tournant décisif de sa carrière.

Crédit photo : Warren Little/Getty Images