Trivela

Le foot portugais

SL Benfica : Qui es-tu, Everton Soares ?

A l’occasion du probable transfert d’Everton Soares à Benfica, nous sommes revenus sur l’histoire et sur le début de carrière de l’international brésilien.

La nouvelle n’a échappé à personne : l’ailier brésilien Everton Soares devrait bientôt signer à SL Benfica. Et si, à 24 ans, il est déjà une star au Brésil, celui qui compte 14 capes avec la Seleção reste pour le moment méconnu du grand public européen. C’est donc l’occasion, pour nous, de revenir sur l’histoire de ce joueur qui va forcément faire parler de lui dès sa future arrivée dans le championnat portugais.

Une enfance dans l’insécurité

C’est à Maracanau, dans la région métropolitaine de Fortaleza que naît Everton Sousa Soares le 22 mars 1996. S’il est, aujourd’hui, surnommé “Cebolinha” (en hommage à un personnage d’une BD brésilienne), le jeune Brésilien se faisait appelé “o Cabeça” durant toute son enfance, en raison de la taille de sa tête, qui, semble-t-il, semblait disproportionnée par rapport à celle de son corps. Maracanau, qui est réputé pour être le plus grand centre industriel de l’Etat du Cearà, est surtout connu pour sa violence et sa dangerosité. A ce jour, cette ville est celle qui compte le plus grand taux d’homicides du Brésil (145 homicides pour 100 000 habitants). Voilà, c’est précisément dans ce contexte d’insécurité que grandi notre future star du ballon rond.

Et s’il est quotidiennement confronté à la violence du quotidien, Everton se rattache, dès son plus jeune âge, à la seule chose qui l’intéresse : son ballon de football. Tout jeune, le Brésilien passe la plupart de son temps à jouer dans la rue, en se servant notamment du portail de sa voisine, Dona Zizi, situé dans le quartier Jereissati 1, en guise de buts. Toute personne qui a connu “o Cabeça” Everton durant son enfance n’est pas capable d’évoquer un souvenir vécu avec le jeune garçon hors d’un terrain de football. Car même sur les bancs de l’école, Everton Soares s’est toujours fait discret. D’après ses propres mots, “l’école n’était qu’une pause forcée à mon occupation première, jouer au football dans la rue.” Ah ça non, l’école, ça n’était pas sa passion. Décrit comme “réservé et discret” par sa propre cousine Gerlaine, celle-ci se souvient qu’Everton “n’était intéressé que par la récréation et le sport.”

De l’ambition dès le plus jeune âge

Il commence le football avant même de souffler sa dixième bougie, en prenant part à un projet social. Celui-ci permettait aux jeunes de 7 à 17 ans issus des quartiers populaires de jouer au football. Le premier entraîneur d’Everton, se souvient : “Il gagnait les matchs pour nous. Je l’appelais “le rat du sable” en raison son comportement sur le terrain. Il bougeait et courrait beaucoup. (le “sable” est la texture des terrains sur lesquels évoluaient les jeunes)

Mais l’ambition d’Everton dépassait le simple plaisir de jouer au football avec ses amis. S’il est, aujourd’hui, reconnaissant pour ce que lui a offert Gleisson, l’ailier de Gremio n’a pas hésité une seule seconde à aller voir à un niveau plus haut pour pouvoir participer à des tournois et se faire remarquer dans la région. C’est donc ainsi qu’Everton signe au Maracana Esporte Club.

Et alors qu’il effectue ses premiers tournois à l’âge de 13 ans, “o Cabeça” est repéré par le São Bernardo FC, qui se trouve dans la région de São Paulo, à l’autre bout du pays. Le début d’une belle aventure pour Everton ? Pas vraiment. Après seulement trois mois au SBFC, l’ailier n’est pas conservé, et se demande alors s’il a raison de continuer à jouer au football et de croire en son rêve. Et c’est sous les conseils de son père qu‘Everton intègre finalement les U15 de Fortaleza, en 2009.

Repéré par une ancienne gloire de Gremio

La suite est beaucoup plus joyeuse pour le petit prodige. Alors qu’il assiste, comme souvent, aux entraînements du club de sa ville, Jorge Veras, ancienne gloire de Gremio dans les années 1980, est impressionné par le talent du jeune Everton. Il décide alors de proposer le profil de l’ailier vif et technique à son ancien club. Et c’est durant un tournoi U16 disputé à Pernambuco, que le jeune brésilien se met en évidence et attire l’attention de Gremio, ainsi que de son rival de toujours, l’Internacional. Après réflexion, c’est finalement vers le “Tricolor” de Gremio que se tourne le jeune attaquant de 16 ans.

16 ans, certes. Mais c’est bien avec les U20 qu’évolue Everton Soares qui est visiblement déjà trop fort pour son âge. Alors qu’il signe à Gremio en 2012, le Brésilien ne met qu’une saison et demi à faire ses grands débuts en équipe première. Durant la saison 2013/2014, le joueur de dix-huit ans dispute sept petits bouts de matchs avec les “grandes” de Gremio. C’est la saison suivante, alors qu’il n’a que 19 ans, qu’Everton va se faire un nom au Brésil. Apparu à 14 reprises en championnat, l’ailier inscrit ses 4 premiers buts en professionnel, et termine même la saison titulaire sous les ordres d’un certain Luis Felipe Scolari.

Une trajectoire linéaire

La machine est lancée. Everton devient alors un joueur de plus en plus côté dans le championnat brésilien et ne cesse de monter en puissance au fil des saisons. En novembre 2017, il entre d’ailleurs en jeu durant la finale de la Copa Libertadores, remportée par son équipe devant Lanus. A peine un an plus tard, celui qu’on appelle désormais “Cebolinha” connaît ses premières sélections avec le Brésil, sous les ordres de Tite. A partir de ce moment-là, l’ailier franchit un cap dans sa carrière. Parce qu’Everton, c’est aussi ça : un joueur qui n’est jamais aussi fort que lorsqu’il est mis en confiance.

Toujours sous les couleurs de Gremio, Cebolinha inscrit 15 buts et délivre 7 passes décisives durant l’année 2019. C’est, à ce jour, son record personnel, et le signe d’une trajectoire linéaire parfaitement respectée. 2019 restera, quoi qu’il arrive, une année qui inoubliable pour le Brésilien. Sélectionné pour disputer la Copa America avec son pays durant le mois de juin, Everton remporte la compétition durant laquelle il inscrit ses 3 premiers buts avec le Brésil, et est même élu meilleur joueur de la finale. Il devient alors le chouchou des supporters de l’équipe nationale brésilienne.

La bonne pioche ?

Un an après cette compétition, c’est toute l’Europe qui tente de s’arracher Everton. Si son oncle a avoué souhaiter voir son neveu “signer à Manchester City pour travailler avec Guardiola”, c’est bien Benfica qui devrait raffler la mise. Et dans ce mercato si particulier, il semblerait bien que les Aigles aient flairé la bonne affaire. Cebolinha est, en effet, un joueur qui possède déjà de l’expérience et un certain palmarès malgré son jeune âge, et qui a suivi un parcours particulièrement linéaire depuis ses débuts en professionnel. Le tout, avec une “cabeça” bien en place, sur des épaules bien solides.

Crédit photo : IconSport

Crédits : Gauchazh, YouTube, Transfermarkt, Veja

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