A l’étranger : José Mourinho, la clé d’un début de saison quasi-parfait

Souvent discuté pour le manque de spectacle qu’il propose, le Tottenham de José Mourinho est actuellement leader de la Premier League.

Sans pitié. Voilà l’expression parfaite pour qualifier la performance des joueurs de Tottenham lors du derby du nord de Londres, ce dimanche, contre Arsenal (2-0). 30% de possession, 3 tirs cadrés, 2 buts. L’un par Heung-Min Son, l’autre par Harry Kane. Comme un symbole, pour cette équipe menée par ses deux attaquants vedettes et son entraîneur charismatique, qui pousse le pragmatisme à son paroxysme.

Dominés, mais rarement inquiétés

A l’image de Manchester City il y a quelques semaines, Arsenal a globalement tenu le ballon ce dimanche, contre les Spurs de José Mourinho. Et pourtant, face à la muraille extrêmement solide basée notamment sur la robuste charnière centrale Alderweireld Dier, les Gunners de Mikel Arteta ont été incapables de créer un quelconque déséquilibre durant la rencontre. Face aux refus de tenir le ballon des joueurs de Tottenham, leurs adversaires ont été poussés à chercher le surnombre lors de leurs nombreuses phases de possession ce qui, à priori, constitue une grosse erreur contre cette équipe devenue maître dans le jeu de transition.

L'image virale de la possession du ballon dans Tottenham vs.  Arsenal.  (Capture: ESPN)

L’illustration parfaite : dans les cinq dernières minutes de la première période, les joueurs de Tottenham n’ont tenu le ballon qu’à 9% du temps (voir photo). Quelques secondes, donc, qui ont suffit aux hommes de José Mourinho pour faire le break sur une contre-attaque éclaire menée par Lo Celso et Heung-Min Son, conclue en force par le pied gauche d’Harry Kane.

Un pragmatisme totalement assumé

Diamétralement opposé à celui de son prédécesseur Mauricio Pochettino, le style de ce Tottenham de José Mourinho se base avant tout sur une solidité défensive sans faille, des joueurs habiles en phase de transition dans l’entrejeu, un avant-centre qui décroche plus que lors des saisons précédentes et des joueurs offensifs sans pitié devant les buts adverses. Un style de jeu bien défini, donc. Remarquable pour certains, honteux pour d’autres, et tout à fait assumé pour José Mourinho.

« Ils peuvent emporter le ballon à la maison s’ils veulent, moi je prends les 3 points », voilà ce qu’a répondu l’entraîneur portugais lorsqu’un journaliste l’a interrogé sur le manque de protagonisme de son équipe, face à Manchester City. Et elle est certainement là, la clé du succès de ce début de saison de José Mourinho. Avec le charisme qu’on lui connait, le Mou’ assume totalement son pragmatisme et son envie de faire déjouer ses rivaux avec des prestations plus solides que spectaculaires, malgré les attentes des nombreux fans de Premier League. Il ne ment pas, ne se voile pas la face, et c’est très probablement ce point précis qui le rend si crédible auprès de ses joueurs, tous dévoués dans la mission qui leur est imposée.

Objectif champion ?

Alors, jusqu’où ira ce Tottenham, actuellement leader de Premier League malgré cette très discutée douzième place en terme de possession ? Si outre-Manche, plusieurs observateurs commencent à croire en les chances des hommes de Mourinho dans la conquête du titre tant convoité, le Special One joue, pour le moment, la carte de l’invité surprise dans le haut du tableau. « Nous ne sommes même pas en course, a-t-il lancé la semaine dernière avant d’ajouter : Nous ne sommes pas un cheval, nous ne sommes qu’un poney. »

Un discours destiné aux médias, calculé de sorte à réduire la pression sur les épaules de ses joueurs, et forcément bien différent de celui qu’il rappelle quotidiennement à son groupe, avec qui il rêve de remporter la quatrième Premier League de sa carrière. En étant beau, ou en étant moche. Au fond, est-ce vraiment important ?

Crédit photo : IconSport

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