Coupe d’Europe : Les clubs portugais sur le toît de l’Europe, un rêve lointain ?

Porto dernier club portugais champion d'Europe

Dix ans après la dernière victoire finale de Porto en Ligue Europa, le football portugais ne semble plus en mesure de voir triompher l’une de ses équipes sur la scène européenne.

Il y a maintenant 10 ans, lors de l’édition 2010-2011 de la Ligue Europa, le Portugal s’était distingué en amenant trois de ses équipes dans le carré final de la compétition : le FC Porto, vainqueur, le SC Braga, finaliste, et le SL Benfica, demi-finaliste. Cette épopée mémorable semble loin aujourd’hui, malgré deux finales perdues quelques années plus tard, en 2013 et 2014, par Benfica, dans la quête de ce même trophée. Depuis, il semble difficile d’imaginer un club portugais sur le toit de l’Europe. Comment l’expliquer ?

Un passé victorieux 

Le Portugal possède un palmarès européen respectable, avec quatre C1 (1 Ligue des Champions et 3 Coups des Clubs Champions, deux C3 (1 coupe de l’UEFA et 1 Ligue Europa) et une Supercoupe de l’UEFA. La dernière victoire dans la plus grande des compétitions européennes, la Ligue des Champions, date de 2004 avec le sacre du FC Porto, alors entrainé par un certain José Mourinho.

Le grand écart européen… 

Cette année, trois clubs portugais sont représentés en Ligue des Champions : le Sporting CP, le FC Porto et le SL Benfica. Au sein de leur poule, ces trois mastodontes du football portugais sont respectivement classés troisièmes, deuxièmes et troisièmes après quatre journées. Si pour le moment, le rêve de se qualifier pour les huitièmes de finale de la compétition est très clairement envisageable, nos trois clubs portugais ont tout de même subi des déroutes importantes ces dernières semaines. Le Sporting s’est, en effet, lourdement incliné à domicile contre l’Ajax (1-5), tandis que Porto a reçu la même claque dans son Estadio do Dragão contre Liverpool (1-5). De son côté, Benfica a subi deux « Goleadas » face au Bayern (2-9 sur l’ensemble des deux matchs).

Bien que les trois équipes adverses pratiquent un football attractif, ces résultats restent très peu satisfaisants et marquent un écart significatif entre les clubs portugais et leurs plus gros concurrents. Néanmoins, nos trois équipes ne semblent pas être larguées pour poursuivre l’aventure, mais la victoire finale semble être un mirage.

De son côté, à moins d’être rejoint par un ou plusieurs autres clubs du pays, le SC Braga est le seul représentant portugais en Ligue Europa. Les hommes de Carlos Carvalhal sont en tête de leur poule avec 9 points en quatre matchs et 4 points d’avance sur le troisième. La qualification est en bonne voie, mais dans les autres poules, des clubs comme le Napoli ou West Ham, surprenant troisième de Premier League, semblent mieux armés que le club du Minho pour prétendre à la victoire finale. L’arrivée des troisièmes des poules de Ligue des Champions en seizièmes de finale risque également de complexifier leur parcours européen.

En clair, les clubs portugais semblent en capacité de poursuivre leur aventure européenne cette saison. Cependant, il est difficile d’imaginer qu’ils puissent rallier le dernier carré des deux compétitions auxquelles ils participent même si, une 3e place en poules de Ligue des Champions pour Benfica, Porto ou le Sporting pourrait tout changer…ou pas.

La suprématie de certains clubs européens, au niveau financier notamment, semble amoindrir un peu plus chaque année les chances de remporter une coupe européenne. Pour autant, ce modèle n’est-il pas présent à l’échelle nationale ?

… et national

Lorsque l’on parle des clubs portugais à l’étranger, les trois plus cités sont probablement ceux que l’on surnomme « os três grandes » au Portugal. Ils occupent la majeure partie de l’actualité, en témoigne la place qui leur est dédiée dans les médias nationaux. De plus, ils dominent outrageusement le championnat depuis de nombreuses années : il faut remonter à la saison 2000-2001 pour voir un autre club, le FC Boavista, remporter le championnat de première division. Avec Belenenses, qui a également dominé la saison 1945-1946, ils constituent les deux seuls clubs à avoir remporté le championnat national en dehors de Benfica, de Porto et du Sporting.

Au-delà des résultats sportifs, le Portugal laisse place à un curieux phénomène au sein même de la population. En dehors de leur stade, les fans des trois grands restent très souvent majoritaires à l’extérieur de leur enceinte. Des marées rouges, bleues et vertes se sont très souvent distinguées, par exemple dans les stades de Tondela ou de Paços de Ferreira. Si à première vue, cela ne semble pas avoir d’impact sur les parcours européens des clubs portugais, cela contribue à engendrer un manque à gagner des plus petits clubs portugais. La billetterie des stades est peu lucrative, l’engouement est moindre et ne laisse guère place à l’arrivée de potentiels investisseurs qui semblent de plus en plus nécessaires dans la quête de bonnes performances sportives. De plus, le système de redistribution des droits télévisuels au Portugal ne cesse de renforcer les inégalités entre les clubs et contribue également à ce que la hiérarchie interclubs ne soit pas bousculée. Le Portugal semble donc stagner, les directions des différents clubs ont très peu évoluées, les idées aussi.

Si l’on compare avec le principal rival du Portugal au classement UEFA, la France semble être bien en avance. Le championnat français devient de plus en plus attrayant et compétitif, de nombreux investisseurs arrivent chaque année et les résultats s’en font ressentir dès cette saison. En ce début de saison, le bilan est très satisfaisant pour les équipes françaises en Europe car elles détiennent le troisième meilleur taux de points gagnés au classement UEFA, derrière les Pays-Bas et l’Angleterre. Le Portugal arrive loin derrière avec 2 167 points de retard sur le France qui, pourtant, s’était retrouvé derrière lui en début de saison.

Un futur à construire pour le football portugais

Mais comment envisager l’avenir européen du Portugal ? Si la Seleção devient de plus en plus respectée et reconnue à l’échelle internationale, les clubs portugais effectuent le chemin inverse. Cette gloire passée n’est aujourd’hui qu’un lointain souvenir. Cependant, pour briller de nouveau, il semble nécessaire de se baser sur ses points forts. L’un d’eux se situe probablement au sein des centres de formations. Selon le CIES, trois clubs portugais font partie du top 20 des meilleurs clubs formateurs européens. Le Sporting est troisième, Benfica huitième et Porto seizième. Ces résultats plus qu’honorables montrent que les clubs portugais font partie des meilleurs d’Europe dans ce domaine, qui est actuellement dominé par l’Ajax. Ce même club qui est leader de son groupe de Ligue des Champions et demi-finaliste de cette même compétition après une épopée inoubliable lors de la saison 2018-2019, est « redevenu » un club qui compte à l’échelle européenne. Un exemple à suivre ?

Avant d’imaginer tout cela, le chemin est encore long. La Ligue arrivera-t-elle à construire un championnat plus compétitif, capable de rivaliser avec les meilleurs pour rêver d’un nouveau sacré européen ? L’écrasante domination des trois grands n’est-elle pas le problème majeur ?

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