Seleção : Bruno Fernandes, nouveau capitaine du navire

Bruno Fernandes

Sur ce début de Coupe du Monde, le milieu de terrain de Manchester United, Bruno Fernandes, semble, pour la première fois de sa carrière, assumer un rôle de leader de la Seleção.

Le doublé inscrit le 29 mars dernier, contre la Macédoine du Nord en barrages pour la Coupe du Monde 2022, était peut-être un premier signe de ce qui allait se passer par la suite. Systématiquement titulaire depuis, le milieu de terrain portugais Bruno Fernandes semble bien parti pour s’affirmer, à 28 ans, comme le nouveau leader technique de la Seleção.

Les responsabilités

Comme un symbole : c’est lui qui a tiré, puis transformé, le pénalty obtenu ce lundi soir, à quelques minutes du coup de sifflet final de la rencontre qui opposait le Portugal à l’Uruguay. Alors que Cristiano Ronaldo était déjà sorti du terrain, Bruno Fernandes n’a pas laissé place aux doutes concernant l’identité du tireur portugais. D’un geste plein d’audace et de sang froid, désormais connu de tous, le Mancunien est venu tromper le gardien adverse en douceur, de sorte à conclure une soirée particulièrement réussie pour le natif du Nord du Portugal. Une trentaine de minutes avant ce pénalty transformé, Bruno Fernandes s’était déjà illustré par un premier but, à l’occasion d’un centre-tir adressé à Cristiano Ronaldo que le capitaine portugais n’a pas su dévier. Sans surprise, le joueur de 28 ans a reçu, ce lundi soir, le trophée d’homme du match après sa performance remarquée.

On l’a connu double-buteur ce lundi, et on l’avait déjà aperçu double-passeur quatre petits jours plus tôt, contre le Ghana. Auteur d’un match plein, qu’on peut sans doute considérer comme l’un des plus aboutis des cinquante qu’il avait disputé jusque-là avec la Seleção, Bruno Fernandes avait d’abord servi João Félix pour le deuxième but portugais, avant de délivrer un cadeau à Rafael Leão sur le troisième. Deux buts et deux passes décisives au compteur pour les deux premières journées de cette phase de poules : il n’y a pas de doute, Bruno Fernandes a bel et bien pris la mesure de l’événement et semble enfin disposer des ressources nécessaires pour s’imposer comme le leader technique de cette équipe. Ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé.

Bruno Fernandes, très critiqué

Certains observateurs du football portugais ne l’attendaient pas dans le onze de départ portugais. Face au repositionnement plus axial de Bernardo Silva et à l’émergence de Vitinha ou encore de Matheus Nunes sur ces dernières années, bon nombre de supporters souhaitaient voir Bruno Fernandes relégué à un rôle secondaire en Seleção. Et ce n’était pas anodin. S’il s’en sort avec un très beau bilan de 13 buts et 10 passes délivrées au compteur, en l’espace de 51 sélections, le Mancunien a souvent déçu sous le maillot de l’équipe nationale. Constamment titularisé par Fernando Santos, le natif de Maia avait la fâcheuse tendance à passer totalement à côté de ses sujets, en contraste total avec les prouesses réalisées en club sur ces dernières années.

Une liberté créative et positionnelle

A 28 ans, Bruno Fernandes est dans la force de l’âge et semble disposer du niveau d’expérience et de maturité suffisant pour briller sous la pression du maillot portugais. Mais les performances abouties du nouveau numéro 8 de la Seleção peuvent également s’expliquer par la liberté positionnelle que lui offre désormais Fernando Santos, et à laquelle il est particulièrement attaché. Généralement positionné dans le couloir droit depuis quelques semaines, Bruno Fernandes est, à l’image de Bernardo Silva et de João Félix, totalement libre de se déplacer où il le souhaite sur le terrain dès lors que le Portugal a le ballon. « Les joueurs savent que sur les phases de possession, je veux une créativité totale. Peu m’importe si Bernardo est à droite, au milieu ou plus en arrière. Pareil pour Bruno et Félix. Ils sont libres de jouer tant que les règles sont respectées. Ils n’ont pas d’attaches à une position, nous ne jouons pas au baby-foot », expliquait le sélectionneur portugais cette semaine en conférence de presse, avant de qualifier son animation offensive « d’anarchie ». Connu pour son activité sur le terrain, Bruno Fernandes semble se plaire dans ce schéma de jeu où il est essentiel d’accompagner la créativité en phase offensive avec le dévouement à la perte de balle.

La phase de poule passée sans encombre, le plus difficile, pour Bruno Fernandes et les siens, sera désormais de confirmer cette bonne dynamique lors des matchs à élimination directe. Reste à savoir si le Mancunien saura rester sur sa lancée et s’affirmer dans ce nouveau statut.

Crédit photo : IconSport

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