Auteur d’une saison exceptionnelle sur le plan individuel, ponctuée par son élection comme meilleur joueur de la Premier League, le meneur de jeu portugais a franchi un nouveau cap. Une dynamique qu’il devra désormais confirmer lors de cette Coupe du monde.
Une saison record
Pour sa sixième saison à Manchester United, le milieu portugais Bruno Fernandes s’est imposé au fil des années comme l’un des leaders techniques du club mancunien. Néanmoins, malgré de bonnes prestations individuelles, le collectif des Red Devils a souffert de la concurrence et est resté loin des attentes.
Contraint de se battre pour une place qualificative en Ligue des champions, le club a vécu une première partie de saison compliquée sous les ordres de Ruben Amorim. En difficulté dans le jeu et au niveau des résultats, les dirigeants ont finalement décidé de se séparer du technicien portugais.
Alors que Manchester United semblait se diriger vers une nouvelle saison sans Ligue des champions, le nouvel entraîneur Michael Carrick est parvenu à insuffler un nouveau souffle. L’international portugais, fort de ses 91 sélections, a alors pris une dimension encore plus décisive.
Auteur d’une deuxième partie de saison exceptionnelle, au cours de laquelle Manchester United a terminé meilleure équipe de la phase retour avec 12 victoires en 19 rencontres, Bruno Fernandes a joué un rôle prépondérant dans les performances des Red Devils.
Positionné plus près des attaquants grâce à l’intégration de Kobbie Mainoo au cœur du jeu, le Portugais s’est illustré de la plus belle des manières en entrant dans la légende de la Premier League avec un record de 21 passes décisives sur une seule saison.
En marquant l’histoire du championnat d’Angleterre et en contribuant à la troisième place de Manchester United, Bruno Fernandes semble désormais appartenir au cercle très fermé des joueurs ayant marqué la Premier League à son poste, malgré les nombreuses critiques qu’il a pu essuyer.
En exclusivité pour Trivela.fr, son ancien entraîneur dans les catégories de jeunes du Boavista, Eduardo Moreira, nous a confié son ressenti sur la progression du Portugais. « Bruno Fernandes est l’un des rares joueurs capables de transformer les critiques en source de motivation. Les remarques de certains anciens joueurs de Manchester United ne l’ont jamais atteint, et cela montre son tempérament de capitaine. C’est quelqu’un qui ne fuit jamais ses responsabilités lorsque le match devient compliqué. Il fait face à l’adversité, quel que soit l’adversaire, et il est rare de trouver un joueur avec ce profil.
Oui, je pense que Bruno Fernandes fait partie des légendes de la Premier League à son poste, aux côtés de Steven Gerrard, Yaya Touré ou encore Frank Lampard, car il fait preuve d’une régularité remarquable en alliant buts et passes décisives. Pour moi, il correspond parfaitement aux exigences de son poste. Je n’ai aucun doute : c’est un joueur de classe mondiale.
Ce que j’admire le plus chez lui, c’est que sa motivation est restée intacte. Depuis qu’il est enfant, il possède le même charisme, la même envie et la même détermination. » Élu meilleur joueur du championnat d’Angleterre, le natif de Maia espère désormais tenir son rang avec la Seleção lors de cette Coupe du monde.
Un statut à confirmer au Mondial
Arrivé en 2017 sous l’ère Fernando Santos, Bruno Fernandes débarque en Seleção après plusieurs saisons de haut niveau au Sporting CP, faisant suite à son passage en Italie où il s’est affirmé, tant sur le plan statistique que technique.
Maître à jouer des Lions sous Jorge Jesus, il a pourtant rencontré des difficultés lors de ses débuts avec la sélection portugaise, étant souvent utilisé dans un rôle excentré sur le côté droit. Eduardo Moreira est revenu sur cette période : « Lorsqu’un joueur possède les caractéristiques de Bruno, que l’on peut considérer comme un numéro 8 ou un numéro 10, et qu’on lui demande d’évoluer sur un côté, il est forcément moins influent. C’est tout à fait normal.
Malgré un poste qui n’était pas le sien, j’ai toujours été admiratif de sa capacité d’adaptation. Il n’a jamais perdu ses qualités et a accepté un rôle qui ne lui convenait pas forcément. Ce n’est pas une excuse, mais une réalité.
Je pense que ses débuts en Seleção sous Fernando Santos ne sont pas liés à un manque de qualité, mais davantage à une question de contexte et de fonction. Il évoluait dans une position qui ne correspondait pas à ses qualités, en fonction des choix tactiques du sélectionneur. C’est pourquoi son rendement n’était pas à la hauteur des attentes. Malgré cela, il a toujours accepté de se sacrifier pour l’équipe. »
Au fil des années, l’ancien joueur de l’Udinese s’est imposé comme un titulaire indiscutable de la Seleção, prenant de plus en plus de responsabilités dans le jeu. Il a notamment joué un rôle majeur dans la conquête de la Ligue des nations. Si le Portugal dispose aujourd’hui d’un effectif capable de rivaliser avec les meilleures nations, de nombreux doutes subsistent depuis le début de cette Coupe du monde en raison des performances collectives décevantes.
Eduardo Moreira a livré son analyse : « Je pense que le problème de la Seleção est avant tout collectif et stratégique. En revanche, si Bruno évolue plus haut sur le terrain, face au jeu, avec des espaces, il sera capable de faire la différence grâce à sa qualité de passe ou à sa frappe de loin.
Avec son profil, c’est un joueur essentiel contre la Croatie, mais aussi face à n’importe quelle sélection. Le manque de puissance collective affecte logiquement les performances individuelles, et nous sommes tous déçus du niveau affiché depuis le début de la compétition au regard de la qualité de cet effectif.
Je pense également que les nombreux efforts défensifs demandés à Bruno dans des zones où il n’est pas le plus utile finissent par peser sur son rendement. Malgré cela, il restera toujours exemplaire, car il possède un véritable sens du sacrifice pour la Seleção et respecte pleinement les choix du sélectionneur. Selon moi, nous devons voir Bruno davantage dans les zones qu’il affectionne, au plus près des attaquants. »
À quelques heures du huitième de finale face à la Croatie, Bruno Fernandes et ses coéquipiers n’auront pas le droit à l’erreur s’ils veulent poursuivre leur parcours dans cette Coupe du monde. Plus que jamais, le milieu de terrain de 31 ans devrait avoir un rôle déterminant.
Crédit photo : Carlos Rodrigues/Getty Images
Grand amateur de football en général mais surtout de football portugais, Alexis a été baigné dans cette ferveur lusitanienne tout au long de sa jeunesse, entre rires, joie et tristesse. Attiré par le beau jeu et les nouveaux talents, il observe attentivement les différents championnats nationaux : de la Liga Bwin à la III Liga.




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