Ancien joueur en Liga Portugal, il vit désormais dans les rues de Rio de Janeiro, entre précarité et addictions

Liga Portugal Regis Pitbull

Ancien joueur du Marítimo, mais aussi passé par le Corinthians, Vasco ou encore Ponte Preta, Régis Pitbull traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus difficiles de sa vie. À 49 ans, l’ancien attaquant brésilien vit depuis deux mois dans la rue, à São Paulo, rongé par une dépendance au crack qui l’accompagne depuis ses dernières années de footballeur.

De la lumière des stades à la rue

Dans les années 1990 et 2000, Régis Fernandes da Silva, plus connu sous le nom de Régis Pitbull, a connu une carrière que beaucoup de joueurs pourraient envier. Formé au Brésil, il a porté les maillots de plusieurs clubs importants, dont le Corinthians, Vasco, Bahia, Portuguesa, Coritiba ou Ponte Preta. Il a également connu des expériences à l’étranger, notamment au Japon, en Corée du Sud, en Turquie, au Koweït et au Portugal, où il a évolué sous les couleurs du Marítimo lors de la saison 1996/1997.

Mais derrière les souvenirs de gloire, une autre histoire s’est progressivement écrite. Sa dépendance aux drogues a commencé alors qu’il était encore joueur. À deux reprises, il a été suspendu après avoir été contrôlé positif au cannabis lors de tests antidopage. Il était pourtant parvenu à reprendre sa carrière avant que les substances ne prennent une place de plus en plus importante dans sa vie.

Après avoir quitté le football, sa situation s’est considérablement dégradée. En 2022, Régis avait déjà été placé dans une clinique de réhabilitation. Une tentative qui n’aura malheureusement pas duré : moins d’un mois après sa sortie, il rechutait.

Aujourd’hui, l’ancien joueur vit sous des bâches et des couvertures, installé sur une place de São Paulo, au milieu des débris. Il a perdu son logement après avoir dû quitter son appartement en 2025, dans un contexte marqué notamment par une procédure judiciaire liée à des dettes de copropriété et d’impôts.

« Je ne suis pas un pauvre type »

Sa survie repose désormais en partie sur la solidarité de quelques proches et de personnes qui continuent de lui venir en aide. Un restaurant du quartier lui offre régulièrement des repas et lui permet de recharger son téléphone. Mais selon une employée, il est désormais rare de le voir passer une journée complètement sobre.

Régis reconnaît son addiction, mais refuse pour l’instant toute nouvelle prise en charge ou hospitalisation. Une décision qui inquiète profondément sa famille et ses amis, qui considèrent son refus d’accepter de l’aide comme le principal obstacle à une éventuelle reconstruction. « Je ne veux pas que les gens sachent que j’existe. S’ils pensent que je suis mort, c’est mieux. Je ne suis pas un pauvre type », confie-t-il au Globo Esporte.

Pourtant, derrière cette détresse, les souvenirs de l’homme qu’il était restent bien présents. Régis se souvient notamment de l’époque où l’argent et la célébrité lui permettaient de vivre dans le luxe. « Je roulais en BMW, j’avais une Dakota. Un jour, je suis allé dans une churrascaria manger une côte de bœuf exceptionnelle et je n’ai même pas payé. Ils ont pris des photos et ne m’ont pas laissé régler l’addition. Imagine ça aujourd’hui ? C’est fou », raconte-t-il.

Un témoignage poignant qui raconte, à lui seul, l’immense distance parcourue par Régis Pitbull : des pelouses du football professionnel à une place de São Paulo, avec une addiction devenue son adversaire le plus difficile à vaincre.