Ce lundi soir, la chaîne officielle de la fédération portugaise, Canal 11, diffusait la toute première interview donnée par Jorge Jesus depuis sa nomination en tant que sélectionneur du Portugal. Un moment particulièrement attendu par les supporters portugais, en quête de renouveau après une Coupe du Monde très décevante, sous les ordres de Roberto Martinez.
Les supporters portugais savent désormais à quoi s’attendre de la part de Jorge Jesus. S’il est resté prudent sur certains sujets, notamment la gestion du cas Cristiano Ronaldo qui cristallise l’attention des foules, le nouveau sélectionneur a accepté de se confier longuement sur ses ambitions aux commandes de la Seleção. Nous avons retenus les points forts de cette première interview, qui marque le point de départ d’une aventure partie pour durer jusqu’à la prochaine Coupe du Monde, co-organisée par le Portugal.
« Le Portugal, la cerise sur le gâteau »
Le technicien portugais, qui fêtera son 72ème anniversaire d’ici quelques heures, a notamment évoqué son passage d’entraîneur de club à sélectionneur. « Tout le monde dit que ce n’est pas pareil, qu’un sélectionneur a plus de temps pour faire d’autres choses. Mais ce n’est pas forcément vrai. Si un sélectionneur n’est pas au quotidien avec les joueurs, il doit l’être avec son équipe technique. Chercher de nouvelles idées », a-t-il déclaré, avant d’affirmer qu’il avait déjà eu, par le passé, l’opportunité d’entraîner plusieurs sélections.
Sollicité notamment par l’Arabie Saoudite, Jorge Jesus reconnait avoir également eu la possibilité d’entraîner le Brésil. « J’ai eu cette possibilité au Brésil, et j’ai commencé à penser que je devais me diriger vers une sélection. Et quand le Portugal est arrivé… c’était la cerise sur le gâteau », a-t-il ajouté.
Pas de révolution à prévoir sur la première convocation
Si Jorge Jesus a insisté sur la vision et les idées différentes qu’il défend, vis-à-vis de son prédécesseur, le nouveau sélectionneur portugais n’entend pas pour autant tout bouleverser dès sa première liste, prévue pour le mois de septembre prochain. « Les gens se disent que, comme nous n’avons pas dépassé les huitièmes, le nouveau sélectionneur doit tout changer. Non, ça ne se passera pas comme ça. Je ne suis pas bête. Il n’y a pas tant de joueurs que ça à modifier. Durant les quatre prochaines années, de nouveaux joueurs viendront, il n’y a aucun doute là dessus. Mais d’un mois à l’autre. Parmi ceux qui étaient convoqués à la Coupe du Monde, peut-être que deux ou trois ne le seront pas en septembre. Mais pas bien plus. »
Le sélectionneur a notamment insisté qu’au-delà des noms, c’est davantage la mentalité des joueurs qui devrait changer sous ses ordres. Jorge Jesus est notamment revenu sur sa déclaration, lors de sa présentation, évoquant « le prix à payer » pour jouer en sélection. « Le prix à payer ? C’est d’arrêter de faire ce qu’ils aiment faire. C’est exactement ça. Il y a des choses qu’ils aiment faire sur le terrain mais si ce n’est pas ce qui est favorable à l’équipe, ils ne devront pas faire. Pour gagner et avoir une équipe forte, il faut, au-delà de la technique et de la tactique, une équipe de caractère, unie. Une équipe qui comprend que tout le monde ne peut pas jouer en même temps mais que tout le monde est important. Est-ce que certains sont plus importants que d’autres ? Oui, comme dans toutes les équipes », a-t-il enchaîné.
Une priorité ? Travailler l’organisation défensive
Le nouveau sélectionneur portugais a ensuite évoqué ses priorités dans le travail. Si, compte tenue de la qualité technique des joueurs portugais, le monde s’attend à une équipe particulièrement offensive, Jorge Jesus a insisté sur l’importance de travailler en premier lieu l’organisation défensive. Un aspect, selon lui, déterminant pour la conquête des différentes compétitions : « La première qualité d’une équipe est de bien savoir défendre. Pas de savoir attaquer. C’est ça la première qualité. Nous parlons de Coupe du Monde. Regardez la France contre l’Espagne. L’Espagne a gagné pour quoi ? Parce qu’elle défend mieux. Elle a annihilé l’impact des talents offensifs français. C’est ça le premier principe. Je fais passer ce message à mes joueurs à chaque équipe, et ça sera le cas en sélection. Pour gagner des titres, il faut savoir bien défendre. Si nous ne défendons pas bien, nous gagnerons des matchs, mais jamais de titres. »
« L’objectif principal ? La Coupe du Monde 2030 au Portugal »
L’un des autres points essentiels de cette conférence de presse concerne les objectifs évoqués par le sélectionneur portugais. Parti pour un contrat de quatre ans, qui devrait le mener jusqu’à la Coupe du Monde 2030, co-organisée par le Portugal, l’Espagne et le Maroc, Jorge Jesus a aussitôt indiqué cette compétition comme le point culminant de son mandat. « Le grand objectif c’est la Coupe du Monde 2030 au Portugal. C’est celui de la Fédération et c’est aussi le mien », a-t-il d’abord lancé.
L’ancien entraîneur d’Al Nassr, du Benfica et de Flamengo a ensuite ajouté : « Je suis très fier d’entraîner la sélection de mon pays, mais j’ai aussi en tête le fait qu’en 2030, la Coupe du Monde se jouera chez nous. Il faut rêver avec cette possibilité. Nous en avons toutes les capacités. Dans les clubs où j’ai travaillé, il n’y a jamais d’autres issues que la victoire. Nous ne jouons pas. Les clubs exigent le succès. Et en sélection, ça sera pareil, l’idée sera de sortir vainqueur. Après, si on gagne ou pas, ça, ça fait partie du jeu. »
Crédit photo : Yasser Bakhsh/Getty Images
Alexandre Ribeiro a lancé le site Trivela.fr en 2019 et le dirige aujourd’hui aux côtés de ses collaborateurs. Passionné par le football portugais dans son ensemble, et notamment par l’équipe nationale portugaise, c’est avec toute son énergie et son implication qu’il fait vivre ce média de façon quotidienne.




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